

Personnes concernées
Une personne impliquée dans une affaire ne peut être mise en examen par un juge d'instructionque si au moins une des 2 conditions suivantes est remplie :
le juge d'instruction la soupçonne d'avoir été auteur ou complice des infractionsdont il est saisi et il existe des indices graves et concordants à l'appui de ces soupçons,
la personne impliquée a été entendue comme témoin assistéet demande d'elle-même à être mise en examen.
Audition préalable
Le juge d'instruction ne peut procéder à la mise en examen qu'après avoir préalablement entendu les observations de la personne mise en cause, qui peut être assistée de son avocat.
Contexte de comparution
La personne dont la mise en examen est envisagée par le juge d'instruction est entendue dans le contexte :
soit d'une audition de témoin assisté,
soit d'un interrogatoire de première comparution (si elle n'a pas déjà été entendue comme témoin assisté).
Déroulement de l'audition
Lors de l'audition, le juge s'assure de l'identité de la personne répondant à la convocation. Puis il lui rappelle les faits objets de la convocation, ainsi que la qualification juridique retenue.
L'interrogatoire se déroule en présence d'un greffier,qui note toutes les questions du juge, les réponses de la personne interrogée et les observations de son avocat.
À la fin de l'interrogatoire un procès-verbal est établi. Il est signé par la personne mise en cause, le juge d'instruction et le greffier.
En matière criminelle, les interrogatoires réalisés dans le cabinet du juge d'instruction font l'objet d'un enregistrement audiovisuel. Celui-ci pourra être consulté en cas de contestation des déclarations faites. Il est détruit 5 ans après l'extinction des poursuites pénales.
Notification de la décision
Le juge d'instruction notifie à la personne concernée sa décision, par lettre recommandée avec demande d'avis de réception ou lors de l'audition.
Si elle n'est pas mise en examen, il l'informe qu'elle bénéficie des droits du témoin assisté.
Si elle est mise en examen, il l'informe des faits qui lui sont reprochés et de ses droits.
Conséquences de la mise en examen
Droits du juge d'instruction
Lorsque la mise en examen est prononcée, le juge d'instruction peut :
décider d'une mesure de contrôle judiciaire,
ordonner une assignation à résidence avec surveillance électronique,
ou saisir le juge des libertés et de la détention (JLD) s'il envisage une détention provisoire.
Droits de la personne mise en examen
La personne mise en examen a droit à l'assistance d'un avocat qui peut prendre connaissance du dossier constitué par le juge.
Par opposition au témoin assisté, la personne mise en examen peut demander au juge de procéder à tout acte lui paraissant nécessaire à la manifestation de la vérité. Ceux-ci peuvent par exemple être l'audition d'un témoin ou le transport sur les lieux de l'infraction. La personne mise en examen peut demander que ces actes soient effectués en présence de son avocat.
Fin de la mise en examen
Annulation
Si une personne estime qu'une irrégularité entraînant une nullité a été commise, elle peut demander l'annulation de sa mise en examen dans les 6 mois qui suivent l'audition y ayant conduit.
La chambre de l'instruction statue sur ces demandes d'annulation.
Obtention du statut de témoin assisté
Sur la demande de la personne mise en examen, le juge d'instruction peut revenir sur sa décision et lui donner (ou redonner) le statut de témoin assisté.
Cette demande peut être faite :
à l'issue d'un délai de 6 mois après la mise en examen et tous les 6 mois suivants,
dans les 10 jours après la notification d'une expertise ou un nouvel interrogatoire.
Fin de l'instruction
Si l'instruction est arrivée à son terme, la personne mise en examen cesse de l'être et :
soit est renvoyée comme prévenu devant un tribunal (ou est mise en accusation devant la cour d'assises),
soit bénéficie d'un non-lieu.
Une personne qui subit les conséquences d'une contravention, d'un délit ou d'un crimepeut :
saisir la justice afin que l'auteur de l'infraction soit recherché et puni : c'est l'action publique,
demander devant la justice la réparation du préjudice subi du fait de l'infraction : c'est l'action civile.
Il est possible de mettre en ?uvre l'une ou l'autre de ces actions ou les 2 à la fois.
À savoir : le délai pour exercer l'action publique est d'1 an pour une contravention, 3 ans pour un délit, 10 ans pour un crime. Le délai pour exercer l'action civile est de 5 ans.
Porter plainte
La plainteest l'acte par lequel toute personne qui s'estime victime d'une infraction en informe leprocureur de la Républiqueou un service de police (ou de gendarmerie).
La plainte est suivie de poursuites ou d'un classement sans suite.
Poursuites pénales engagées par le procureur
Si le procureur estime que les faits sont de nature à engager des poursuites (preuves, gravité, ...), l'action publique est engagée : le procureur en informe la victime.
La victime peut alors demander réparation de son préjudice en se constituant partie civile.
Elle devient partie au procès pénal. Elle peut demander des dommages-intérêts,être informée de l'enquête et participer aux débats.
Classement sans suite
Le classement sans suite est la décision par laquelle le procureur décide de ne pas poursuivre l'auteur des faits.
La victime peut alors décider de déclencher elle-même l'action publique en portant plainte avec constitution de partie civileauprès dujuge d'instruction.
Le juge d'instruction exige du plaignant le dépôt d'une somme d'argent (dont il fixe le montant) en consignation, susceptible de servir à payer une éventuelle amende pour poursuites abusives.
La plainte avec constitution de partie civile a pour effet :
d'obliger le procureur à poursuivre l'auteur de l'infraction,
et de permettre de demander réparation du préjudice.
S'associer à une plainte déjà déposée
Si des poursuites sont engagées suite à une plainte déposée par une autre victime contre le même auteur pour les mêmes faits, une victime peut se constituer partie civileà l'appui de cette plainte.
Elle devient partie au procès pénal, comme la victime qui a initialement porté plainte, et peut demander réparation de son préjudice.
Faire une citation directe
La citation directeest une procédure rapide qui permet à la victime de saisir directement une juridiction pénale aux fins de condamnation et de réparation du préjudice.
Elle est réservée aux infractions les plus simples, car la procédure peut être engagée sans instruction ni enquête (pas de citation directe en cas de crime, notamment).
La victime ne dispose que de l'audience devant le juge pour prouver ses allégations et obtenir réparation du préjudice.
Comme pour la plainte avec constitution de partie civile, la citation est conditionnée par le versement d'une consignation, en prévention des procédures abusives.
Engager un procès civil
Pour demander réparation de son préjudice, une victime peut engager un procès civil,en dehors de toute procédure pénale.
Non.
Toute personne convoquée par un officier de police judiciairedoit se rendre au commissariat ou à la gendarmerie.
À défaut, elle pourra y être contrainte par la force.
Si la personne convoquée l'est à titre de simple témoin, son audition ne peut cependant pas durer plus de 4 heures.
Si la personne convoquée est officiellement soupçonnée d'avoir commis une infraction (dès la convocation ou lors de l'audition),
ou une mesure de garde à vueest immédiatement prononcée contre elle,
ou elle quitte quand bon lui semble les locaux de police ou de gendarmerie (et est informée de ce droit de partir)
La légitime-défense est une cause d'irresponsabilité pénale. Elle permet à une personne, qui n'a pas d'autres choix, de riposter en cas d'agression sans être punie à son tour.
Il appartient au juge de décider si la personne qui a riposté était en état de légitime défense.
La légitime défense, qui reste exceptionnelle, est reconnue si toutes les conditions suivantes sont réunies :
la personne a agi pour faire face à une atteinte injustifiée à son encontre, à l?encontre d?autrui, ou pour interrompre l?exécution d?un crime ou délit contre un bien,
l'acte de défense était nécessaire (absence d?alternative possible tel le recours aux autorités de police ou gendarmerie),
les moyens de défense employés étaient proportionnés à la gravité de l?atteinte à la personne ou de l?infraction contre un bien en cours,
la riposte est intervenue au moment de l'agression et non après.
Attention : il n'y a pas de légitime défense lorsque la riposte a lieu alors que l'agresseur part, ou que la violence vise à prévenir une agression future et incertaine.
Faire une déclaration en main courante, c'est faire consigner des faits sans déposer plainte. C'est une simple déclaration.
De quoi s'agit-il ?
Le dépôt sur main courante est une simple déclaration d'un particulier.
Le dépôt sur main courante est un moyen pratique pour dater des évènements d'une certaine gravité mais qui ne sont pas à eux seuls caractéristiques de la commission d'une infraction (exemples : constat du départ du conjoint du domicile, non présentation de l'enfant conformément aux règles fixées dans une décision de justice, bruits de voisinage).
Il est utile de noter le jour et l'heure de la déclaration, ainsi que son numéro d'enregistrement, car cette formalité accomplie pourra constituer un début de preuve dans une procédure ultérieure.
Comment déposer une main courante ?
Il convient de s'adresser :
soit au commissariat de police : les déclarations sont consignées sur un registre de main courante tenu par les services de police (qui peut prendre la forme d'une base de données informatisée),
soit à la brigade de gendarmerie : les déclarations sont alors transcrites sur un "procès-verbal de renseignements judiciaires".
Quels sont ses effets ?
Grâce au jour, à l'heure de la déclaration et au numéro attribué, l'enregistrement par la force publique de l'évènement qui a donné lieu à rapport ou à renseignement peut constituer un début de preuve dans une procédure ultérieure, qu'elle soit civile (divorce, exercice de l'autorité parentale, etc.) ou pénale (harcèlement, troubles de voisinage, etc.).
Quelles sont les différences avec un dépôt de plainte ?
La plainte est une démarche juridique qui tend à faire poursuivre en justice l'auteur d'une infraction.
Elle peut être adressée :
au commissariat de police ou à la brigade de gendarmerie. La plainte est enregistrée et le dossier transmis au Procureur de la République. Un récépissé de dépôt de plainte doit être remis immédiatement au plaignant s'il en fait la demande.
directement au procureur de la République, au tribunal de grande instance du département. Cette formalité peut être faite par lettre simple en indiquant clairement les nom, prénom, adresse de la personne qui dépose sa plainte et en y joignant tous les justificatifs.
Non, le magistrat du Parquetpeut ne pas poursuivre pour différentes raisons :
les faits portés à sa connaissance ne peuvent recevoir de qualification ; il y a absence d'infraction ou l'infraction est insuffisamment caractérisée.
l'auteur de l'infraction est demeuré inconnu (cas des procédures contre X), le plaignant se désintéresse de l'affaire, le comportement, le préjudice ou le trouble sont minimes. C'est l'application du principe de l'opportunité des poursuites. À ce titre, chaque procureur de la Républiquedéfinit une politique pénale.
Le classement sans suite qui en découle est une simple mesure administrative qui n'a pas de caractère juridictionnel et encore moins l'autorité de la chose jugée.C'est pourquoi le procureur peut revenir à tout moment sur la décision de classement et engager des poursuites, sauf s'il y a extinction de l'action publique (prescription, amnistie, abrogation de la loi pénale, décès).
Par ailleurs, le classement sans suite ne fait pas obstacle à l'exercice direct des poursuites par la victime devant les juridictions pénales. La victime peut en effet passer outre en portant plainte avec constitution de partie civile.
À savoir : le procureur a pour obligation de motiver et de notifier par écrit sa décision de classer sans suite dès lors qu'il s'agit de faits de nature sexuelle commis sur un mineur.
Retirer une plainte est possible à tout moment.
Il suffit de se rendre au poste de police (ou à la brigade de gendarmerie) ou d'envoyer un courrier au Procureur de la République.
Le retrait de plainte n'entraînera pas nécessairement la fin des poursuiteséventuellement engagées par leParquet.
En effet, dans la plupart des cas, le procureur juge seul de l'opportunité des poursuites, quelle que soit la position ou le sentiment de la victime à l'égard de l'auteur présumé des faits.
Dans 2 situations seulement, le procureur est obligé de cesser les poursuites :
si le retrait de plainte fait suite à une composition pénaleou unemédiationentre les parties réalisée avec l'accord du procureur,
si l'infraction concerne une atteinte à la vie privée, une injure, ou une diffamation.
Le témoin assisté est une personne mise en cause comme auteur ou complice d'infractions dont est saisi un juge d'instruction,sans pour autant être mis en examen.
Il possède le droit :
d'être assisté par un avocat,
d'avoir accès au dossier d'instruction,
d'être confronté aux personnes le mettant en cause.
Il peut faire l'objet d'une mise en examenultérieure.
Par opposition aux simples témoins,il ne prête pas serment.
