
Principe
La victime peut saisir le tribunal pour réclamer une indemnisation.
Le préjudice doit être déterminé et les éléments de preuves devront être présentés.
Détermination du préjudice
Le préjudice peut être corporel, moral, matériel.
Ils peuvent se cumuler à l'occasion d'un seul fait dommageable.
Les préjudices corporels consistent en une atteinte portée à la santé ou à l'intégrité physique ou mentale d'une personne.
Les préjudices moraux portent sur les atteintes à l'affection, à l'honneur ou à la réputation (calomnie, perte d'un parent par exemple).
Les préjudices matériels regroupent les atteintes aux biens.
Demande de réparation
La victime doit constituer un dossier comprenant, pour chaque préjudice, l'évaluation du montant de la réparation (y compris les frais liés directement aux dommages subis).
Après avoir déterminé les préjudices et établi la responsabilité de l'auteur des dommages, la victime peut entrer en contact avec le responsable ou son assureur pour une demande de réparation par un arrangement amiable.
Faute d'arrangement amiable, la victime peut saisir le tribunal compétent :
si le responsable a commis un acte constituant une infraction pénale (coups et blessures, par exemple), la victime peut déposer plainte avec constitution de partie civile dans un commissariat ou une gendarmerie ou directement auprès du procureur de la République. Le tribunal qui sera alors saisi statuera sur une éventuelle condamnation pénale et sur la demande de dommages-intérêts,
si le responsable n'a pas commis d'infraction pénale, la demande d'indemnisation est présentée au tribunal civil.
Établissement de la preuve
La victime doit prouver les éléments suivants :
La personne à qui elle demande réparation est bien responsable de son préjudice.
Le préjudice est réel.
Il existe un lien de causalité entre l'acte de la personne désignée comme responsable et le préjudice.
Le préjudice est direct et la concerne personnellement.
Le préjudice est certain, établi au moment où il est invoqué même si son effet n'est pas immédiat.
Un préjudice futur peut en effet être indemnisé s'il est certain qu'il se produira et s'il peut être évalué immédiatement.
La personne ayant fait l'objet d'une détention provisoire ou d'une assignation à résidence au cours d'une procédure qui n'a abouti à aucune condamnation peut demander une indemnisation.
Elle est informée de ce droit lors de la notification du non-lieu, de larelaxeou de l'acquittement.
À noter :l'indemnisation peut aussi être demandée par une personne reconnue innocente suite à un recours en révision.
Procédure d'indemnisation
L'indemnité est allouée par le premier président de la Cour d'appeldans le ressort de laquelle a été prononcée la décision de non-lieu, de relaxe ou d'acquittement.
Il doit être saisi par voie de requêtedans les 6 mois.
Il statue par décision motivée.
Évaluation du préjudice
L'indemnité tend à réparer le préjudice matériel et moral que la personne a subi durant sa privation de liberté.
La personne concernée peut demander une réparation intégrale.
L'intéressé peut solliciter une expertise pour l'évaluer.
Cas d'exclusion de l'indemnisation
L'indemnisation est exclue dans plusieurs cas, notamment lorsque :
l'absence de condamnation a pour seul fondement la reconnaissance de l'irresponsabilité d'une personne "au sens de l'article 122-1 du code pénal", c'est-à-dire pour cause de trouble psychique,
la personne s'est volontairement accusée ou laissé accuser à tort, en vue de faire échapper aux poursuites le véritable auteur des faits.
Recours contre la décision
La décision prise par le premier président de la Cour d'appel peut, dans les 10 jours de sa notification, faire l'objet d'un recours devant la commission nationale de réparation des détentions placée auprès de la Cour de cassation.
Cette commission statue souverainement : sa décision ne peut faire l'objet d'aucun recours.
